PS Sciences Po - Jean Zay

D’un 10 mai à l’autre : Manuel, n’oublie pas la gauche.

Le par

« Cette victoire est d’abord celle des forces de la jeunesse, des forces du travail. Elle est aussi celle de ces femmes, de ces hommes, humbles militants pénétrés d’idéal. Je mesure le poids de l’histoire, sa rigueur, sa grandeur »

François Mitterrand, 10 mai 1981

« En ce jour où je prends possession de la plus haute charge, je pense à ces millions et ces millions de femmes et d’hommes, ferment de notre peuple qui, deux siècles durant, dans la paix et la guerre, par le travail et par le sang, ont façonné l’Histoire de France, sans y avoir accès autrement que par de brèves et glorieuses fractures de notre société.

C’est en leur nom d’abord que je parle, fidèle à l’enseignement de Jaurès, alors que, troisième étape d’un long cheminement, après le Front populaire et la Libération, la majorité politique des Français démocratiquement exprimée vient de s’identifier à sa majorité sociale. »

21 mai 1981, discours d’investiture de François Mitterrand

Alors que la gauche est au pouvoir depuis maintenant 4 ans, et que de nombreuses avancées ont été obtenues pour les travailleurs et les travailleuses de ce pays, nous ne pouvons que t’exprimer notre colère, camarade. Tu as décidé d’utiliser l’article 49al3 de notre Constitution pour faire passer en force la loi Travail sur laquelle tu n’as pas su trouver de majorité.

De nombreux syndicats contestent le projet actuel, y compris la CFDT qui n’est pas pleinement satisfaite a eu des mots très durs au début du débat.

Jeunes et socialistes, nous n’aurions jamais imaginé voir la jeunesse défiler contre le Gouvernement que nous avons porté au pouvoir avec enthousiasme et espoirs ; c’est profondément blessant.

Même au Parlement, la contestation va au-delà des frondeurs et frondeuses habituel.le.s, qui sont tout autant que toi composante de la majorité. De nombreux députés et députées, sincères, demandent des aménagements conséquents à la loi afin qu’elle protège au mieux les salarié.e.s : négociation à l’échelle des branches plutôt que de l’entreprise, pas d’élargissement des critères de licenciement économique, appréciation des difficultés de l’entreprise au niveau international et non national pour éviter le dumping social et les difficultés sciemment organisées pour plus de profits.

Tu as récemment déclaré dans une tribune sur Facebook : « un accord signé majoritairement par des organisations syndicales n’est jamais un recul des droits ou des garanties des salariés ». Ignores-tu donc tout du chantage à l’emploi ? Des accords de maintien dans l’emploi qui poussent les salarié.e.s à travailler plus pour gagner moins, sous peine de délocalisation ?

Cette loi ne doit pas être retirée, notre section s’est déjà prononcée sur cette question, parce qu’elle est nécessaire et comporte des avancées, même si encore trop timides, comme le compte personnel d’activité.

Mais cette loi n’est pas tolérable en l’état. Et cette méthode est inacceptable.

Nous nous sommes toutes et tous engagé.e.s pour changer la vie, pour comme nous l’a promis François Hollande, que l’on vive mieux en 2017 qu’en 2012. Aujourd’hui, nous refusons que se fasse en notre nom un nouveau déni de démocratie. Le Parlement est souverain, et la majorité représente l’ensemble de la gauche dans sa diversité. Il n’y a pas d’un côté les archaïques qui auraient tort et seraient dogmatiques, et de l’autre les réformateurs modernes qui verraient le monde tel qu’il est. Il y a la gauche de gouvernement, social-démocrate, qui doit changer la vie en comprenant le monde tel qu’il est, sans céder aux sirènes du capitalisme libéral. Il y a l’histoire de la gauche, histoire de la démocratie parlementaire, qui pense qu’une assemblée prend collectivement de meilleures décisions qu’un homme seul. Tant qu’il n’y a pas de majorité sur ce texte, c’est que la volonté qui s’est exprimée en mai et juin 2012, représentée par les parlementaires socialistes, écologistes et communistes, n’est pas respectée. Nous t’appelons solennellement à revenir sur ta décision d’utiliser le 49al3 pour faire passer la loi Travail.

Nous souhaitons que le débat puisse avoir lieu, sur le seul fond du texte, en oubliant les postures politiciennes des un.e.s et des autres.

Nous sommes socialistes, sociaux-démocrates et avons toujours revendiqué le dialogue social et le compromis comme méthodes de gouvernement.

Nous sommes socialistes, sociaux-démocrates et en cela nous ne pouvons cautionner les reculs sur le fond et refuserons les passages en force.

Il faut que le débat ait lieu, et il faut qu’il aboutisse à un compromis conforme au projet pour lequel nous avons été portés aux responsabilités.

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