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Zoom sur le Danemark, où de petits gestes font une grande action !

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On connaît bien le Danemark pour sa passion du vélo, la première piste cyclable du pays date de 1892. A Copenhague, le vélo est une institution très populaire : 560.000 vélos pour 520.000 habitants en centre-ville et 1,2 million de kilomètres parcourus.

Mais lorsqu’on approche de l’aéroport, une chose est frappante vue du ciel : le vaste champ d’éoliennes au large de la capitale danoise. Dès 2000, Copenhague s’est engagé pour les énergies renouvelables, notamment l’énergie éolienne puisque le détroit d’Øresund, bras de mer entre Copenhague au Danemark et Malmö en Suède, est systématiquement sujet à de forts vents. Une vingtaine d’éoliennes sont donc actives sur ce détroit depuis 2001, elles alimentent 4% de l’électricité de la ville et exportent aussi dans la province proche ainsi qu’en Suède. Ce champ a été financé à 50% par la municipalité et à 50% par les habitants, petits actionnaires du projet, une première. En 2025, la ville souhaite être neutre sur le plan carbone avec une électricité d’origine 100% verte, une centaine d’éoliennes seront ainsi disséminées à travers le Grand Copenhague. Les turbines sont principalement produites par l’entreprise danoise Vestas Wind System, le plus gros pourvoyeur d’éoliennes dans le monde. Le gouvernement social-démocrate de Helle Thorning-Schmidt a fixé en 2011-2012 l’objectif de 50% d’électricité d’origine éolienne d’ici 2020 pour tout le royaume et que 100% de la production d’électricité soit de source renouvelable d’ici 2050, faisant du pays un pionnier mondial de réduction des gaz à effets de serre dans la production d’énergie. Le nouveau gouvernement libéral de Lars Løkke Rasmussen soutenu par le Parti du peuple danois (extrême-droite) ne semble pas partager cette ambition et ne fait pas de la tenue de ces engagements l’une de ses priorités. En 2014, 40% de la production d’électricité du Royaume de Danemark était d’origine éolienne. Le bâtiment est fortement impliqué dans la baisse de la consommation d’électricité depuis le début du millénaire avec des bâtiments à l’isolation efficace et assez sobre sur le plan énergétique.

Le Danemark agit aussi pour le recyclage. Depuis 2002, les bouteilles en plastique ou en verre valent entre 1 et 3 couronnes danoises (13 à 40 centimes d’euros) que l’on paye à l’achat et que l’on peut récupérer en consignant les bouteilles vides. La plupart des emballages de boissons sont soumis à cette consigne, appelée « pant » au Danemark. Ce système se révèle efficace puisque 85% des emballages payés à l’achat sont ainsi recyclés. Les automates récupérant les bouteilles recyclables proposent de faire un don à une association caritative ou bien de récupérer sa mise. Près de 200 millions d’euros irriguent ainsi diverses associations reconnues d’utilité publique. Toutes les résidences suivent une politique assez stricte de tri sélectif et des amendes souvent autour de 750 couronnes danoises (100 euros) sont imposées aux appartements qui contreviennent au bon recyclage. Néanmoins, le Danemark s’étant engagé de longue date dans la voie de l’incinération, beaucoup de quartiers ont investi dans un incinérateur qui permet également de chauffer les bâtiments. Il devient donc très intéressant de faire incinérer ses déchets pour les habitants du quartier qui amortissent leur investissement et économisent sur le chauffage.

Ce petit pays de 5,6 millions d’habitants est à bien des égards un exemple dans le domaine du développement durable. Il montre que de petits gestes simples sont possibles, qui, à une échelle nettement supérieure, auraient un impact très concret pour le climat.

Julien Pavy, depuis Copenhague

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