PS Sciences Po - Jean Zay

L’écologie au PS

Le par

Faire de l’écosocialisme la base d’une renaissance idéologique de la gauche

Depuis ses Etats-généraux de 2014, le Parti socialiste se revendique « écosocialiste ». C’est le fruit d’une longue évolution : les enjeux écologiques, qui sont certes présents dans son discours depuis une trentaine d’année et figurent dans le programme du parti depuis 1991, ont longtemps été délégués aux partenaires du PS, Génération Ecologie, Les Verts puis EELV et d’autres encore.

A lire le sénateur Gaëtan Gorce, on comprend cependant que l’écosocialisme est un prolongement du socialisme et pas simplement une conversion à l’écologie politique à l’heure où le changement climatique exige un passage à l’action. L’écosocialisme trouve ses racines dans la pensée socialiste du XIXe siècle. Des auteurs comme le britannique Robert Owen ou le père du mouvement coopératif français Charles Gide cherchaient déjà à remettre l’économie au service des besoins humains, en lieu et place d’un productivisme destiné avant tout à maximiser les profits. C’est dans cette même démarche que se sont inscrites les différentes étapes de la réduction du temps de travail au XXe siècle, témoignant du refus historique de la gauche d’imposer à l’humain de produire toujours plus lorsqu’il n’a rien à y gagner et parfois tout à y perdre. L’écosocialisme, c’est aussi le retour des notions de partage et d’internationalisme chères à la gauche. Même le bon vieux logiciel keynésien peut être utile, à condition de ne pas se contenter d’une traduction productiviste et de mettre plutôt la création monétaire au service d’investissements utiles pour tous, comme le suggère l’idée d’un « Green New Deal » européen.

Loin de tourner le dos à la l’idée de progrès en plaidant pour un retour à un « ordre naturel », comme le veulent certains conservateurs tout juste convertis à l’écologie, l’écosocialisme s’inscrit pour Gaëtan Gorce « dans la continuité d’une pensée critique du capitalisme qui cherche à donner un nouveau sens au progrès ». Le progrès ne peut plus être compris comme une simple accumulation, mais doit être redéfini collectivement.

L’écosocialisme se veut alors « une pensée de l’émancipation et de l’organisation sociale reconstruite autour de la problématique nouvelle soulevée par l’épuisement de la planète qu’entraîne inexorablement un système économique tournant sur lui-même ». En effet, le libéralisme s’est abstenu de discipliner les forces libérées depuis 1789 et plus singulièrement avec la révolution néo-libérale des années 1970, forces qui ne convergent pas spontanément et inéluctablement vers un avenir meilleur. Après le socialisme révolutionnaire, qui a arraché au capitalisme sauvage des droits minimaux, et le socialisme des Trente glorieuses, qui a négocié avec un capitalisme plus raisonné des réformes sociales et démocratiques centrales pour nos sociétés, Gaëtan Gorce appelle de ses vœux « un troisième temps du socialisme ». Face au capitalisme actuel, il importe de refonder notre modèle productif afin de « retrouver le temps long du développement mis à mal par la finance ».

L’écosocialisme est dès lors « inséparable d’une réforme de l’État comme d’un approfondissement de notre démocratie », à travers une participation de chacune des parties prenantes à tous les niveaux de l’administration, mais aussi dans les entreprises et bien évidemment en politique. Sans cela, il sera impossible de dépasser les intérêts de court-terme et de mettre l’innovation au service de la société, tout en partageant au mieux une croissance nécessairement plus encadrée. Ce faisant, l’écosocialisme est aussi une manière de réunir les deux traditions de la gauche autour d’un nouveau projet de civilisation, au-delà des séparations artificielles entre Républicains attentifs à l’émancipation culturelle et Socialistes porteurs d’un projet de transformation sociale et économique.

Erlan Le Calvar

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